LETTRE SYLVIQUE entre CIMES ET RACINES
Lettre forestière en résonance avec la magie du vivant du 3 novembre 2026
Je rentre en forêt ce matin.
Et ce que je remarque, c’est la fraîcheur du temps et l’humidité qui glace ma peau et mes os.
Imagine, je ne suis que de passage…
Imagine ses habitants, habitués au froid et à cet espace-temps forestier.
Comment voient-ils la température qui se refroidit?
Comment perçoivent-ils l’hiver qui frappe certains matins, déjà, sur le sol mouillé et gelé?
Je me pose la question avec mes yeux d’humain. Comment ces géants aux pieds nus réussissent-ils, après avoir perdu leur apparat, à traverser la grande période qui s’annonce avec tant de résilience, en gardant toujours l’air fier et assumé devant tant de diversité?
Je me suis appuyée ce matin au dos de mon ami, mon grand pin.
Pas mon ancêtre dont je te parlais.
Un autre.
Tout aussi accueillant et avec une parure différente.
Comme à chaque fois,
je me présente :
Coucou,
Voici ta fée 🙂
Il aime bien ma présence et mon goût pour le choisir parmi tant d’autres.
Comme il aime si bien me le dire :
« Je m’en trouve ravi de ta présence et je me réconforte de ton appui. »
Imagine si lui se réconforte de mon appui…
Comment, moi, auprès de cet autre géant, je me sens réconfortée et entourée!
C’est vrai que mon côté de petite fée qui s’installe les fesses sur ses belles racines doit aussi l’inspirer dans nos échanges.
Ce matin, je voulais lui jaser…
À matin, un petit matin pluvieux et grisâtre de novembre.
Beaucoup d’idées se bousculent en moi en ce moment et ce n’est pas toujours évident de savoir comment les mettre en place et parfois les mettre en veille.
Beaucoup d’émotions remontent aussi à l’idée de ne pas être capable de réussir, de mettre de l’avant certains projets, etc.
Et je partageais tout ça avec mon grand ami quand, soudain, une bouffée de parfum m’enveloppa.
Ce parfum était un mélange de jasmin teinté de l’air matinal du sous-bois.
Ce que cet être a réussi à apaiser en moi, c’est cette part d’un féminin qui a parfois de la difficulté à se faire confiance.
Par sa force et sa vigueur, il est venu m’entourer et, de sa brise forestière douce, calmante et enveloppante, m’apporter un peu de réconfort.
Que j’aime m’ouvrir à mes arbres!
Il n’y a pas un matin pareil.
Et surtout, novembre a un petit quelque chose que les autres mois de l’année ne savent pas communiquer.
Je suis revenue à la maison…
Avec plus de légèreté et aussi remplie de certitudes.
Celle de continuer à me faire confiance et de poursuivre le développement de cette relation avec mes géants des bois.
Bonne journée!
Sylvie — La Terr’Ofées

